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Première semaine de découvertes

« Le papier, c’est pour écrire, le chat c’est pour le rat. Le fromage c’est pour griffer»

Eugène Ionesco, La Cantatrice Chauve

Pourquoi ai-je pensé à la cantatrice d’Eugène en ce début d’année? Aucune idée… Peut-être que les dialogues insolites des Smith et des Martin ressemblent aux échanges qu’on peut lire sur les réseaux, à la fois enflammés et hermétiques, et où certains thèmes reviennent comme un éternel recommencement. Polémique, polénique…

Justement, je lis rarement des essais polémiques dont l’écho résonne trop dans l’actualité. Surement un ego mal placé. Or, cette semaine j’ai fait une entorse à mes habitudes et me suis jetée dans la biographie de Vanessa Springora, Le Consentement.

A travers son livre, Vanessa Springora, V. pour ses démons, m’a fait découvrir tout l’état d’esprit malsain d’une époque à laquelle pourtant j’appartiens. Alors que nous avons presque le même âge, mon enfance préservée découvre avec stupéfaction, recul et dégoût le comportement d’une ère aveugle où une intelligentsia, sous couvert de son rayonnement médiatique sans contre-pouvoir, affichait ses perversions en les transcendant en oeuvres d’art.

Sur le livre en lui-même: Outre le thème, j’ai beaucoup aimé le style de l’auteur. Ses phrases sont choisies, intelligentes et simples à la fois, sans mièvrerie, pudiques et pourtant percutantes. La fluidité fait qu’on dévore ces 200 pages en quelques heures, et l’immersion telle qu’on va surement passer quelques semaines à y penser… Bref, c’est un vrai roman-bio-essai, ce qu’on veut, et surtout, Springora est une vraie écrivain (écrivaine, pour ceux qui préfèrent, perso, je m’en fous, je pense que le combat ne se joue pas sur un mot).

Sur le contexte: Difficile de passer à côté cette semaine. L’affaire est partout. J’ai personnellement lu d’abord le livre, puis les articles et vidéos relatives. Bien m’en a pris je pense, pour mieux cerner l’état d’esprit de cette époque, et n’en détester que plus son hypocrisie et la perversité de son/ses bourreau(x). La vidéo de l’extrait d’Apostrophe, les rires et la complaisance, m’ont achevé. J’en garde juste l’envie d’embrasser très fort Denise Bombardier, de la remercier pour cet éclair de clairvoyance dans cet obscurantisme dégueulasse. Inutile de citer les autres, la contre-publicité restant de la publicité. Et de toutes façons, les media s’en chargent suffisamment.

Et donc, pour finir: Une première découverte cette année. Une lecture que j’ai conseillée à tous mes proches, à mon mari, à mes parents, à mes enfants (ados que j’aime à croire préservés, quand internet leur ouvre désormais plus de clefs sur la perversité du monde). Une lecture qui mérite son battage, ce qui est assez rare pour être signalé.

Le Consentement, Vanessa Springora, 216 pages, paru le 2 janvier aux éditions Grasset

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